1. Valider votre projet sans tout risquer
La plus grande erreur de lancement est de créer une structure avant d'avoir un premier client ou une hypothèse validée. Deux options permettent de tester sans capital ni formalité lourde :
- Le portage salarial : aucune création de société, un contrat de travail suffit, vous facturez dès la première mission — voir qu'est-ce que le portage salarial.
- Le cumul avec un emploi salarié : légal en France sous réserve de respecter votre obligation de loyauté et une éventuelle clause de non-concurrence, et d'informer votre employeur si votre contrat de travail l'exige.
Si vous êtes en CDI et envisagez de démissionner pour créer votre entreprise, un dispositif spécifique peut vous ouvrir des droits au chômage : voir « Peut-on démissionner et toucher le chômage » plus bas.
2. Choisir son statut juridique
Quatre options dominent en France pour une activité de conseil ou de prestation intellectuelle : micro-entreprise, EURL, SASU et portage salarial. Le bon choix dépend de votre chiffre d'affaires prévisible, de votre besoin de protection sociale et de vos frais professionnels réels — voir le guide complet quel statut juridique choisir pour être freelance.
3. Fixer son TJM
Un TJM mal calculé condamne un lancement avant même le premier client : trop bas, il ne couvre ni vos charges ni vos jours non facturés ; trop haut sans justification, il ferme des portes. La méthode complète, avec la formule et un exemple chiffré par statut, est détaillée dans comment calculer son TJM.
4. Faire les formalités de création
| Statut | Formalités | Délai |
|---|---|---|
| Micro-entreprise | Immatriculation en ligne gratuite (guichet unique INPI) | Quelques minutes |
| Portage salarial | Signature d'un contrat de travail avec la société de portage | Quelques jours |
| EURL / SASU | Rédaction des statuts, dépôt du capital, annonce légale, immatriculation au RCS | 1 à 3 semaines |
Créer une EURL ou une SASU coûte généralement entre 200 et 400 € de frais légaux (annonce légale, greffe), auxquels s'ajoute l'accompagnement d'un expert-comptable si vous en prenez un.
5. S'assurer et se protéger
- RC Pro (responsabilité civile professionnelle). Obligatoire dans certaines professions réglementées, fortement recommandée pour toutes les autres. Incluse automatiquement en portage salarial (obligation légale du secteur).
- Mutuelle et prévoyance. Obligatoires côté employeur pour tout salarié — donc incluses en portage salarial et, si vous vous versez un salaire, en SASU. Facultatives mais recommandées en micro-entreprise et en EURL.
- Prévoyance perte d'activité. Absente par défaut en micro-entreprise et EURL/SASU : à souscrire séparément si vous n'avez pas la sécurité du portage salarial.
6. Trouver ses premiers clients
Aucun statut ne trouve les missions à votre place — y compris le portage salarial, qui gère l'administratif mais pas la prospection commerciale (sauf offre spécifique d'apport d'affaires, en général payante). Les leviers les plus efficaces au démarrage restent le réseau professionnel existant, les anciens employeurs ou collègues (sous réserve de respecter une éventuelle clause de non-concurrence), les plateformes spécialisées par métier et la visibilité sur LinkedIn.
Peut-on démissionner d'un CDI et toucher le chômage ?
Oui, via le dispositif de « démission légitime pour reconversion professionnelle », mais sous conditions strictes et un ordre d'étapes impératif : être en CDI, justifier 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, faire accompagner son projet par un Conseil en évolution professionnelle (CEP), puis le faire valider comme « réel et sérieux » par la Commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) — avant de démissionner. Inverser une seule étape fait perdre le bénéfice du dispositif.
Une fois les droits ouverts, deux options : percevoir l'ARE mensuellement (cumulable partiellement avec vos premiers revenus freelance), ou opter pour l'ARCE — un capital représentant 60 % des droits restants, versé en deux fois. Voir le détail du cumul en portage salarial dans portage salarial et chômage.
Les erreurs les plus fréquentes au démarrage
- Sous-évaluer son TJM en s'alignant sur des moyennes de marché plutôt que sur son propre calcul — voir comment calculer son TJM.
- Négliger la trésorerie de démarrage. Les clients paient souvent à 30 ou 60 jours : prévoyez plusieurs mois de charges fixes d'avance, surtout hors portage salarial où le salaire tombe indépendamment du délai de paiement client.
- Ignorer la couverture sociale perdue. Quitter un CDI sans passer par le portage salarial ni le dispositif de démission légitime fait perdre tout droit au chômage — un arbitrage à faire consciemment, pas par défaut.
- Créer une société avant d'avoir un client. Le portage salarial ou le cumul avec un emploi existant permettent de tester sans les frais et les délais d'une immatriculation.