Le portage salarial cotise à l'assurance chômage
En portage, vous signez un contrat de travail (CDI ou CDD) avec la société de portage, qui vous verse un salaire et cotise pour vous à l'assurance chômage — exactement comme n'importe quel employeur. C'est la différence structurelle avec la micro-entreprise, l'EURL et la SASU, qui n'ouvrent aucun droit au chômage.
Condition d'ouverture des droits : avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois précédant la fin du contrat (36 mois pour les 53 ans et plus). En dessous de ce seuil, aucune allocation n'est due — d'où l'intérêt de ne pas interrompre son activité en portage avant ce cap si la sécurité du chômage est la raison de votre choix de statut.
Cumuler l'ARE avec une mission de portage salarial
Une fois vos droits ouverts, rien n'empêche d'enchaîner une nouvelle mission de portage tout en étant inscrit à France Travail — un cas fréquent entre deux missions, ou pour démarrer une activité progressivement sans couper le filet de sécurité.
La règle de cumul est simple dans son principe : chaque mois, France Travail retient 70 % du salaire brut perçu au titre de votre mission de portage sur le montant de votre allocation mensuelle. Vous devez déclarer votre reprise d'activité le mois où elle intervient.
Vos droits non consommés ne sont pas perdus. La part de l'ARE que vous ne touchez pas parce que vous êtes en mission est reportée : elle reste mobilisable plus tard, ce qui allonge d'autant la durée pendant laquelle vous pouvez percevoir des allocations en cas de nouvelle interruption.
Exemple simplifié
Un consultant porté touchait une allocation journalière de 60 € (≈ 1 800 €/mois) avant de retrouver une mission facturée à un salaire brut de 3 000 €/mois. France Travail retient 70 % × 3 000 € = 2 100 € sur son allocation mensuelle théorique de 1 800 € : l'allocation du mois est donc totalement absorbée, mais elle n'est pas « consommée » au sens des droits — le reliquat continue d'exister et sera mobilisé plus tard si la mission s'arrête. Chaque situation dépend du salaire réel et du solde de droits restant : ce calcul est indicatif, à faire valider par votre conseiller France Travail.
Montant et durée de l'ARE en 2026
- Montant : 57 % du salaire journalier de référence (SJR), avec un plancher de 31,59 €/jour.
- Durée : modulée selon le taux de chômage national. Avec un taux sous 9 %, un coefficient de 0,75 s'applique à la durée théorique — 24 mois de droits théoriques deviennent 18 mois effectifs pour la majorité des allocataires ; des durées plus longues existent pour les 53 ans et plus.
Ces paramètres évoluent régulièrement au gré des réformes de l'assurance chômage : vérifiez toujours votre situation précise sur votre espace France Travail avant de prendre une décision.
Et dans les autres statuts ?
Micro-entreprise, EURL et SASU ne cotisent à aucune assurance chômage : en cas d'arrêt d'activité, il n'existe aucune allocation, sauf pour un dirigeant qui redevient éligible via un précédent contrat salarié non lié à son activité indépendante. C'est l'angle mort de ces statuts — voir le détail dans EURL ou SASU et le comparatif des quatre statuts.