Comparatif de statuts · Fiscalité 2025-2026

Micro-entreprise ou EURL : que choisir ?

Les deux permettent d'exercer seul, mais leur logique est opposée : forfait simple et plafonné contre régime réel sans plafond mais avec comptabilité. Le point de bascule dépend moins de votre CA que de vos frais professionnels réels.

La réponse en une phrase

Sous 77 700 € de CA et avec des frais professionnels modestes, la micro-entreprise gagne presque toujours. L'EURL devient pertinente avant même ce plafond si vos frais réels dépassent l'abattement forfaitaire de 34 %, ou devient obligatoire au-delà.

La différence de fond : forfait contre régime réel

La micro-entreprise applique un régime forfaitaire : les cotisations sociales sont un pourcentage fixe du chiffre d'affaires (≈ 21,2 % en BNC), et un abattement automatique de 34 % est censé couvrir l'ensemble de vos charges avant impôt. Aucune comptabilité, aucune société à créer, aucun frais réel à justifier — mais aucune déduction non plus.

L'EURL est une société à responsabilité limitée imposée à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de résultat, 25 % au-delà). Le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS) sur sa rémunération, mais l'entreprise déduit ses charges réelles avant de calculer l'impôt : matériel, déplacements, sous-traitance, coworking, formation. Sans plafond de chiffre d'affaires, avec une comptabilité complète à tenir (expert-comptable quasi indispensable).

Le comparatif chiffré

Net en poche annuel, célibataire, 1 part fiscale, 6 000 € de frais professionnels réels, EURL avec rémunération intégrale du disponible (pas de dividendes). Chiffres produits par les fonctions de calcul du simulateur (calcMicro / calcEURL).

Micro-entreprise (versement libératoire non coché, barème IR) contre EURL, à charges et situation fiscale identiques.
Chiffre d'affairesMicro-entrepriseEURLAvantage micro
40 000 € 29 881 €
74,7 %
22 392 €
56,0 %
+ 7 489 €
60 000 € 42 235 €
70,4 %
34 021 €
56,7 %
+ 8 214 €
77 700 € (plafond micro) 52 678 €
67,8 %
42 932 €
55,3 %
+ 9 746 €

Avec seulement 6 000 € de frais réels, la micro reste devant sur toute sa plage de CA autorisée : son abattement forfaitaire de 34 % (soit ≈ 13 600 € à 40 000 € de CA) couvre largement des frais aussi modestes. L'écart se resserre nettement — voire s'inverse — dès que vos frais réels dépassent l'abattement : matériel professionnel coûteux, sous-traitance récurrente, local dédié.

Le face-à-face complet

CritèreMicro-entrepriseEURL
Plafond de chiffre d'affaires77 700 € (BNC)Aucun
Franchise en base de TVAJusqu'à 37 500 €Non applicable (TVA due dès l'immatriculation, sauf franchise générale)
Frais professionnelsAbattement forfaitaire 34 %, non réelDéductibles au réel
Cotisations sociales≈ 21,2 % du CA≈ 45 % de la rémunération nette
Cotisations si CA nulAucuneCotisation minimale due
ComptabilitéLivre de recettesComplète (expert-comptable)
Coût de structure annuel≈ 0 €≈ 1 500 – 2 500 €
Image professionnellePerçue comme moins pérenne par certains clients grands comptesSociété immatriculée, capital social affiché
Protection socialeRégime des indépendants, minimaleRégime des indépendants, un peu plus étoffée
Assurance chômageNonNon
Création / fermetureGratuite, en ligne, immédiate200 à 400 € de frais légaux, formalités de dissolution

Le verdict par profil

Choisissez la micro-entreprise si…

  • votre CA reste sous 77 700 € et vos frais professionnels sont modestes ;
  • vous testez une activité et voulez zéro risque, zéro comptabilité ;
  • vous démarrez en parallèle d'un emploi salarié ou de vos études ;
  • vous voulez pouvoir arrêter sans aucune formalité de fermeture.

Choisissez l'EURL si…

  • vos frais professionnels réels dépassent l'abattement de 34 % ;
  • votre activité dépasse ou va dépasser 77 700 € de CA ;
  • vous facturez des clients qui exigent une société immatriculée avec capital ;
  • vous voulez récupérer la TVA sur vos achats professionnels.

Le point aveugle : ni l'une ni l'autre n'ouvre droit au chômage

Comme pour la plupart des statuts d'indépendant, ni la micro-entreprise ni l'EURL ne cotisent à l'assurance chômage. Si vous sortez d'un CDI et que cette sécurité compte pour vous, le portage salarial est le seul statut qui la conserve — voir portage salarial ou micro-entreprise.

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Votre CA et vos frais réels, passés au crible

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