La réponse en une phrase
Sous 77 700 € de CA et avec des frais professionnels modestes, la micro-entreprise gagne presque toujours. L'EURL devient pertinente avant même ce plafond si vos frais réels dépassent l'abattement forfaitaire de 34 %, ou devient obligatoire au-delà.
La différence de fond : forfait contre régime réel
La micro-entreprise applique un régime forfaitaire : les cotisations sociales sont un pourcentage fixe du chiffre d'affaires (≈ 21,2 % en BNC), et un abattement automatique de 34 % est censé couvrir l'ensemble de vos charges avant impôt. Aucune comptabilité, aucune société à créer, aucun frais réel à justifier — mais aucune déduction non plus.
L'EURL est une société à responsabilité limitée imposée à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de résultat, 25 % au-delà). Le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS) sur sa rémunération, mais l'entreprise déduit ses charges réelles avant de calculer l'impôt : matériel, déplacements, sous-traitance, coworking, formation. Sans plafond de chiffre d'affaires, avec une comptabilité complète à tenir (expert-comptable quasi indispensable).
Le comparatif chiffré
Net en poche annuel, célibataire, 1 part fiscale, 6 000 € de frais
professionnels réels, EURL avec rémunération intégrale du disponible
(pas de dividendes). Chiffres produits par les fonctions de calcul du
simulateur (calcMicro / calcEURL).
| Chiffre d'affaires | Micro-entreprise | EURL | Avantage micro |
|---|---|---|---|
| 40 000 € | 29 881 € 74,7 % |
22 392 € 56,0 % |
+ 7 489 € |
| 60 000 € | 42 235 € 70,4 % |
34 021 € 56,7 % |
+ 8 214 € |
| 77 700 € (plafond micro) | 52 678 € 67,8 % |
42 932 € 55,3 % |
+ 9 746 € |
Avec seulement 6 000 € de frais réels, la micro reste devant sur toute sa plage de CA autorisée : son abattement forfaitaire de 34 % (soit ≈ 13 600 € à 40 000 € de CA) couvre largement des frais aussi modestes. L'écart se resserre nettement — voire s'inverse — dès que vos frais réels dépassent l'abattement : matériel professionnel coûteux, sous-traitance récurrente, local dédié.
Le face-à-face complet
| Critère | Micro-entreprise | EURL |
|---|---|---|
| Plafond de chiffre d'affaires | 77 700 € (BNC) | Aucun |
| Franchise en base de TVA | Jusqu'à 37 500 € | Non applicable (TVA due dès l'immatriculation, sauf franchise générale) |
| Frais professionnels | Abattement forfaitaire 34 %, non réel | Déductibles au réel |
| Cotisations sociales | ≈ 21,2 % du CA | ≈ 45 % de la rémunération nette |
| Cotisations si CA nul | Aucune | Cotisation minimale due |
| Comptabilité | Livre de recettes | Complète (expert-comptable) |
| Coût de structure annuel | ≈ 0 € | ≈ 1 500 – 2 500 € |
| Image professionnelle | Perçue comme moins pérenne par certains clients grands comptes | Société immatriculée, capital social affiché |
| Protection sociale | Régime des indépendants, minimale | Régime des indépendants, un peu plus étoffée |
| Assurance chômage | Non | Non |
| Création / fermeture | Gratuite, en ligne, immédiate | 200 à 400 € de frais légaux, formalités de dissolution |
Le verdict par profil
Choisissez la micro-entreprise si…
- votre CA reste sous 77 700 € et vos frais professionnels sont modestes ;
- vous testez une activité et voulez zéro risque, zéro comptabilité ;
- vous démarrez en parallèle d'un emploi salarié ou de vos études ;
- vous voulez pouvoir arrêter sans aucune formalité de fermeture.
Choisissez l'EURL si…
- vos frais professionnels réels dépassent l'abattement de 34 % ;
- votre activité dépasse ou va dépasser 77 700 € de CA ;
- vous facturez des clients qui exigent une société immatriculée avec capital ;
- vous voulez récupérer la TVA sur vos achats professionnels.
Le point aveugle : ni l'une ni l'autre n'ouvre droit au chômage
Comme pour la plupart des statuts d'indépendant, ni la micro-entreprise ni l'EURL ne cotisent à l'assurance chômage. Si vous sortez d'un CDI et que cette sécurité compte pour vous, le portage salarial est le seul statut qui la conserve — voir portage salarial ou micro-entreprise.