Qu'est-ce que le portage salarial ?
Le portage salarial est une relation de travail tripartite : vous réalisez des missions pour vos clients en toute autonomie, mais c'est une société de portage qui facture vos prestations, encaisse le chiffre d'affaires et vous reverse un salaire, avec un bulletin de paie et le statut de salarié.
Le dispositif est encadré par l'ordonnance n° 2015-380 du 2 avril 2015 et par la convention collective du portage salarial du 22 mars 2017. Vous signez un CDI ou un CDD avec la société de portage, qui signe de son côté un contrat commercial avec votre client.
En une phrase : vous travaillez comme un freelance, vous êtes protégé comme un salarié — et vous payez ce confort environ la moitié de votre chiffre d'affaires.
Comment ça marche, concrètement
- Vous trouvez votre mission et négociez votre TJM directement avec le client (le portage ne fournit pas de missions).
- La société de portage contractualise et facture le client chaque mois, sur la base de votre compte-rendu d'activité.
- Elle transforme le chiffre d'affaires en salaire : frais de gestion, cotisations patronales et salariales sont prélevés, le reste vous est versé en net, impôt à la source déduit.
- Vos frais professionnels (matériel, déplacements, télétravail) peuvent être remboursés hors cotisations, ce qui améliore sensiblement le net final.
Combien coûte le portage salarial ?
La cascade type, du chiffre d'affaires au net en poche :
| Étape | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Frais de gestion de la société de portage | 5 – 10 % du CA (ou forfait fixe) |
| Cotisations patronales | 35 – 51 % du brut |
| Cotisations salariales | 17 – 23 % du brut |
| Net avant impôt (frais pro inclus) | ≈ 47 – 55 % du CA |
Ces fourchettes cachent des écarts réels importants : modèle de frais (pourcentage, forfait, plafond), assiette des cotisations, frais annexes… À mission identique, l'écart de net entre deux sociétés de portage dépasse couramment 2 000 à 4 000 € par an. C'est précisément ce que notre simulateur chiffre, société par société. Pour le détail, voir nos guides salaire net en portage et frais de gestion.
Les avantages
- Assurance chômage : vous cotisez et ouvrez des droits à l'ARE — unique parmi les statuts d'indépendant.
- Retraite de cadre, mutuelle, prévoyance : la protection sociale complète du salariat.
- Zéro gestion : pas de société à créer, pas de comptabilité, pas de TVA à déclarer, pas d'URSSAF à gérer.
- Pas de plafond de chiffre d'affaires, contrairement à la micro-entreprise (77 700 €).
- Crédibilité bancaire : bulletins de paie et CDI facilitent crédit immobilier et location.
- Frais professionnels remboursables hors cotisations.
Les limites
- Le coût : environ la moitié du CA part en frais de gestion et cotisations, contre ~21 à 26 % en micro-entreprise.
- Réservé aux prestations intellectuelles avec qualification Bac+2 ou 3 ans d'expérience — pas de commerce ni d'artisanat.
- Un TJM plancher : la convention collective impose un salaire minimum (70 à 85 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale selon le profil) ; en pratique le portage devient pertinent à partir de 250 – 300 €/jour.
- Vous restez seul pour prospecter : la société de portage gère l'administratif, pas votre carnet de commandes.
Pour qui est-ce le bon choix ?
Le portage salarial est particulièrement adapté aux consultants, développeurs, chefs de projet, formateurs et ingénieurs qui facturent un TJM confortable et veulent la sécurité du salariat sans créer de structure : cadres en transition qui veulent conserver leurs droits, freelances qui préparent un crédit immobilier, indépendants qui dépassent le plafond de la micro-entreprise.
Si votre priorité est de maximiser le net à court terme avec un CA modeste, la micro-entreprise reste souvent devant financièrement. Si vous visez l'optimisation à CA élevé, la SASU ou l'EURL entrent dans la comparaison — notre simulateur confronte les 13 options d'un coup.