Protégé comme n'importe quel salarié
Le salarié porté est un salarié à part entière : son arrêt de travail suit exactement le régime général, avec en plus une surcouche propre à la convention collective du portage salarial (IDCC 3219) qui renforce le maintien de salaire. Aucun statut d'indépendant classique (micro-entreprise, EURL, SASU sans salaire) n'offre une protection comparable par défaut.
La carence et les indemnités de la Sécurité sociale
- Carence : 3 jours non indemnisés, sauf accident du travail ou maladie professionnelle (carence supprimée).
- Indemnités journalières (IJSS) : versées à partir du 4ᵉ jour d'arrêt, à hauteur de 50 % du salaire journalier de base, plafonnées selon les règles du régime général.
Ces règles sont celles de n'importe quel salarié — rien de spécifique au portage à ce stade. La différence se joue sur ce qui vient compléter les IJSS.
Le complément de prévoyance obligatoire
La convention collective du portage salarial impose à chaque société de portage un régime de prévoyance obligatoire couvrant l'incapacité temporaire de travail à hauteur de 90 % du salaire, pendant une durée pouvant atteindre 1 095 jours (3 ans) selon l'ancienneté. Ce n'est pas un avantage commercial variable d'une société à l'autre : c'est une obligation de branche.
En pratique, beaucoup de sociétés de portage pratiquent la subrogation : elles continuent de vous verser votre salaire habituel pendant l'arrêt et récupèrent directement les IJSS auprès de la Sécurité sociale, plutôt que de vous laisser avancer la trésorerie. Vérifiez ce point dans votre contrat ou auprès de votre société : c'est un vrai confort administratif.
Le contrat continue, même sans mission
Le CDI (ou CDD) signé avec la société de portage existe indépendamment de vos missions en cours. Un arrêt maladie ne le rompt pas : les cotisations sociales continuent d'être déclarées, et votre ancienneté se poursuit normalement pour le calcul des droits liés à la convention collective (prime d'ancienneté, congés supplémentaires).
Et pour les autres statuts ?
La micro-entreprise, l'EURL (gérant TNS) et la SASU sans rémunération versée n'ouvrent aucun droit comparable par défaut : un indépendant classique doit souscrire lui-même une prévoyance privée pour se couvrir contre la perte de revenu en cas d'arrêt — un coût et une démarche que le portage salarial intègre déjà. C'est, avec le chômage et la retraite cadre, l'une des protections sociales structurantes du portage.